« VOYAGES, VOYAGES »
Une exposition d’artistes de l’association SUDestampe dans le bel espace rénové de la salle des pas perdus de la gare de Paulhan (34).
L’association SUDestampe a été fondée au printemps 2008. Elle a, depuis 2010, organisé des parcours d’expositions d’estampes, sous la forme d’une biennale dans le sud de la France.
En 2026, SUDestampe poursuit son aventure en présentant des expositions à son initiative ou en partenariat.
L’ambition est de donner à voir la gravure autrement, dans sa richesse et sa variété, plus en rapport avec notre époque, en s’appuyant sur les artistes de la région, en s’ouvrant aux autres aussi.
L’exposition « VOYAGES, VOYAGES », est présentée à Paulhan en partenariat avec l’association QQOA, dans l’ancienne gare rénovée, devenue salle d’exposition et de manifestations culturelles.
Elle réunit 9 artistes résidant dans divers lieux du sud qui nous font partager leur vision du voyage :
- Sylvie DONAIRE
- Caroline GARCIA
- Géraldine GARÇON
- Emmanuelle JAMME
- Danièle MEUNIER-LETAN
- Marie-Do PAIN
- Judith ROTHCHILD
- Anne ROTHSCHILD
- Sophie VIGNEAU
Sylvie DONAIRE présente un travail d’étude, réalisé en linogravure à plaque perdue sur le terrain, imprimé au baren, en résidence à Solvellir, Nupúr, en Islande, dans les fjords du Nord-Ouest.
Elle s’est intéressée aux variations de la lumière du lieu exceptionnel, sur une courte période de la journée, déclinée en fonction des heures. Un paysage dont les couleurs et formes invitent au voyage.

« Solvellir bleu », linogravure à plaque perdue.
Caroline GARCIA aime voyager dans ses souvenirs pour y retrouver l’émotion d’un instant. Elle a choisi la technique du monotype pour évoquer non pas un lieu mais une atmosphère, le moment d’un changement de lumière, d’un reflet dans l’eau.
« Terra incognita : c’est l’encre sur la plaque qui m’emmène vers ma destination. »

MO 08 02 2024, monotype, 50 cm X 70 cm
Géraldine GARÇON nous fait voyager en « Patagonies » :
« Passé la cordillère, l’immense plaine argentine s’étend à perte de vue sous un ciel superbe. Cette terre est vide d’hommes, vide de tout. Seul résiste l’horizon. »

« Porvenir », aquatinte.
Emmanuelle JAMME s’est investie dans le projet du poète Cordesse « Mobilis in mobile » qui a donné lieu à une correspondance de poèmes et d’images autour de « Vingt mille lieues sous les mers » de Jules Verne.

« quitter mon territoire perdre ma liberté », linogravure.
Danièle MEUNIER-LETAN propose un voyage à la découverte des îles, îlots, archipels…qui peuplent son imaginaire…
« Ces lieux chargés de mystère et de poésie sont répertoriés sur des cartographies marines, réalisées au moyen de gaufrages d’éléments métalliques encrés, marouflées sur tarlatane et pliables.
Il suffit de glisser dans son sac d’explorateur le sachet en tarlatane contenant la carte de son choix pour s’offrir un voyage vers des horizons fantastiques… »

Cartographie marine, gaufrage d’éléments métalliques encrés.
Marie-Do PAIN évoque le voyage de l’eau.
« De la source invisible à l’estuaire ouvert, l’eau entreprend son lent voyage.
Elle glisse, cascade, s’infiltre et se faufile entre les pierres qu’elle polit patiemment.
Chaque galet porte la mémoire de son passage, arrondi par des siècles d’étreinte fluide.
Verte, turquoise, parfois laiteuse, elle capte la lumière et la transforme en profondeur mouvante.
Elle retient algues, feuilles et fragments du monde, qu’elle transporte puis abandonne plus loin.
Torrent, rivière ou simple ruissellement, elle dessine le paysage en creux et en silence.
Ces gravures donnent à voir cette traversée : le temps inscrit dans la pierre par le souffle de l’eau. »

Installation de 3 m X 5 m gravures en carborundum, gravures sur bois, collagraphies, monotypes.
Judith ROTHCHILD propose, pour cette exposition autour du voyage, une sélection de gravures en manière noire des coquillages du Pacifique sud.
Depuis toujours, les coquillages exotiques sont les emblèmes d’un ailleurs et un thème favori des peintres. Ses sujets ont été ramenés par ses connaissances de Tahiti et de Nouvelle Calédonie.

Pas de deux, gravure en manière noire.
Anne ROTHSCHILD nous fait voyager de la Méditerranée aux rives de l’Okavango. Celui-ci se perd entre ciel et terre, dans un delta, du même nom. Ce fleuve, façonné par les sédiments fluviaux, l’activité tectonique du sous-sol et les dépôts de sable éolien, ne rejoindra jamais la mer. Le delta offre un habitat unique pour les arbres, les végétaux et les animaux.
Nous sommes ici à l’origine du monde, au temps de la Genèse. L’homme n’a pas encore souillé la création avec sa mainmise. Le delta abrite des arbres parmi les plus remarquables d’Afrique. Tous possèdent une âme. Ils sont les sages de cette contrée.
Ils observent, se souviennent et communiquent entre eux. Vivant plusieurs centaines d’années, ils contemplent le monde à une autre échelle que celle des humains ou des animaux.

Les arbres du delta, eau-forte et pointe sèche
Sophie VIGNEAU a toujours créé autour et avec ce qui l’entoure depuis qu’elle a installé son atelier de gravure dans la vallée de la Sorgues en sud Aveyron.
Ici, ce sont les plaques de métal laissées durant des années sur le ponton de l’usine qui évacuait la sciure des planches des cagets de transport de Roquefort.
Toujours travaillant sur la trace (ici, la rouille), proche de l’archéologie des temps présents et anciens, on peut deviner des paysages où la couleur apparaît comme une surprise, laissant surgir à des encrages différents des perceptions originales.
Toujours en innovation, vers des voyages qui nous rapprochent, les constellations du ponton amènent cette couleur particulière.

Les constellations du ponton, monotype
